AFP
AFP
Formations à l'accompagnementAller sur l'AFA ›

Accueil›S'orienter et candidater›Se reconvertir vers la psychologie

Se reconvertir vers la psychologie

C'est une demande fréquente, et souvent mal renseignée. Un adulte déjà installé dans la vie professionnelle, éducateur, infirmier, ressources humaines, cadre en quête de sens, veut devenir psychologue, non par lubie mais au terme d'une réflexion parfois longue, mûrie au contact d'un métier qui ne lui suffit plus. La bonne nouvelle, c'est que rien ne l'interdit : l'âge n'est pas un obstacle, l'expérience passée est un atout, et le champ accueille chaque année des profils qui ne viennent pas de la filière classique. La moins bonne, c'est qu'il n'existe pas de raccourci, quoi qu'en laissent croire certaines plaquettes. Le titre de psychologue est protégé par la loi de 1985 et le décret de 1990, et il suppose un diplôme national précis, une licence puis un master de psychologie, ce dernier comportant un stage professionnel encadré. Toute reconversion sérieuse doit passer par cette porte, et l'ignorer, c'est risquer d'investir du temps et de l'argent dans un parcours qui ne mène pas au titre convoité. Cette page décrit les chemins réels pour y parvenir, sans rien promettre d'impossible, en distinguant ce qui conduit au titre de ce qui ne fait qu'en approcher.

Reprendre des études à l'université, en formation continue

La voie la plus directe, et la plus solide, reste la reprise d'études universitaires. Toutes les universités ont un service de formation continue qui accueille les adultes souhaitant revenir en licence puis en master de psychologie, avec un accompagnement pensé pour ceux qui n'ont plus l'âge ni le rythme d'un étudiant sortant du lycée. Le diplôme visé est le même diplôme national que celui des étudiants classiques, sans mention particulière qui signalerait qu'il a été obtenu en reprise d'études, ce qui garantit qu'il ouvre exactement les mêmes droits. Mais le statut de formation continue ouvre des droits de financement particuliers et parfois des aménagements d'emploi du temps, précieux pour qui mène ce projet de front avec une activité salariée. C'est le seul chemin qui mène de façon certaine au titre, puisqu'il conduit au master avec stage, le seul document qui autorise à s'en prévaloir. Il est exigeant, long, souvent éprouvant pour qui doit concilier cours, révisions et vie professionnelle, mais il ne triche pas avec la règle, et c'est cette solidité qui en fait, pour beaucoup, l'option la plus raisonnable malgré sa durée. Un adulte qui reprend ces études y apporte d'ailleurs une maturité et une expérience du terrain que n'ont pas toujours les étudiants venus directement du lycée, et cet écart, qui pèse parfois dans l'appréciation d'un dossier de master, joue en sa faveur au moment des stages, où l'aisance relationnelle acquise ailleurs se voit. La difficulté tient moins au niveau des enseignements qu'à l'organisation d'une vie où les études s'ajoutent au reste, et c'est sur ce point, plus que sur le contenu, qu'il faut mesurer sa disponibilité avant de s'engager.

La formation à partir de la pratique de Lyon 2

Pour les adultes expérimentés, l'Institut de psychologie de l'université Lyon 2 propose un dispositif taillé sur mesure, la Formation à partir de la pratique, la FPP. Elle ne part pas de la table rase du bachelier, mais de ce que le candidat a déjà vécu et compris dans son métier antérieur, ce qui en change la couleur sans en changer l'exigence. Elle s'adresse à des candidats justifiant d'au moins trois ans d'expérience dans un domaine social ou relationnel et d'une première année post-bac en sciences humaines. Elle couvre les trois années de licence, puis un master en première année avec trois orientations, la psychopathologie clinique, la psychologie du travail et des organisations, la psychologie de l'éducation et de la formation. Elle mène aux mêmes diplômes nationaux que la voie classique, en partant de l'expérience du candidat plutôt que de zéro, ce qui donne à la formation une tonalité plus proche du terrain et un rythme adapté à des adultes qui savent déjà pourquoi ils sont là. Deux rappels importants doivent tempérer l'enthousiasme qu'un tel dispositif suscite. L'entrée directe en deuxième année de master n'existe pas, il faut passer par la première, sans sauter d'étape. Et la licence seule, ici comme ailleurs, ne donne pas le titre, quelle que soit l'expérience qui a permis d'y accéder.

La validation des acquis, ce qu'elle peut et ce qu'elle ne peut pas

C'est le point le plus mal compris, celui sur lequel circulent le plus de promesses trompeuses, alors autant être net. La validation des acquis de l'expérience, la VAE, permet d'obtenir tout ou partie d'un diplôme par un jury, à partir de son expérience, sans repasser par les bancs de la formation. C'est un mécanisme réel et utile, qui a permis à bien des professionnels de faire reconnaître un savoir acquis sur le tas. Mais on ne peut pas, en pratique, devenir psychologue par la seule VAE, et cette limite déçoit souvent ceux qui y avaient placé leurs espoirs. La raison est structurelle, non administrative : le titre exige un cursus complet, licence et master, incluant un stage professionnel long et encadré, que la validation ne peut pas remplacer, car un stage se vit et ne se valide pas sur dossier, et il manquera presque toujours la licence de psychologie comme composante. La VAE peut alléger un parcours, dispenser de certaines unités que l'expérience couvre déjà, mais elle ne délivre pas le titre à elle seule. Le seul cas où une VAE débouche réellement sur un titre autorisant l'usage du mot psychologue est celui du titre de psychologue du travail du CNAM, décrit plus bas, parce que ce titre figure lui-même sur la liste réglementaire, ce qui en fait l'exception qui confirme la règle.

À distinguer soigneusement, car la confusion entre les deux est courante, la validation des acquis professionnels et personnels, la VAPP, issue d'un décret de 1985. Elle ne délivre aucun diplôme, et c'est là toute la différence. Elle sert à entrer dans une formation sans détenir le diplôme normalement requis, en faisant valider une expérience qui en tient lieu à l'entrée. C'est elle qui permet, par exemple, à un adulte sans licence d'être autorisé à s'inscrire directement en master, ou à quelqu'un qui n'a pas le baccalauréat d'entrer en licence. Elle ouvre une porte, elle ne remet pas un titre. En un mot que l'on peut garder en tête pour ne plus les confondre, la VAPP ouvre la porte d'entrée, la VAE valide un diplôme en sortie, et croire que l'une fait le travail de l'autre conduit à des déconvenues.

Le titre de psychologue du travail du CNAM

Le Conservatoire national des arts et métiers offre une voie de reconversion à part entière, spécialisée sur le champ du travail et des organisations. Elle a été pensée dès l'origine pour des adultes en activité, ce qui en fait un chemin cohérent pour qui vient du monde de l'entreprise et souhaite y revenir autrement. Son titre de psychologue du travail, de niveau master, enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles, figure parmi les diplômes ouvrant droit à l'usage du titre de psychologue, avec la spécialisation que son intitulé annonce. Il s'obtient en formation continue, en apprentissage, par contrat de reconversion, et, fait rare qui mérite d'être signalé, par validation des acquis de l'expérience, la commission examinant chaque année un petit nombre de dossiers. C'est donc l'un des rares chemins où la VAE peut aboutir à un titre légalement utilisable, à condition d'accepter la spécialisation sur le travail et de renoncer, par cette voie, à la clinique. Pour qui vient des ressources humaines ou de l'encadrement et se destine à l'accompagnement en entreprise, c'est souvent l'itinéraire le plus réaliste.

L'École de psychologues praticiens

L'EPP, établissement privé rattaché à l'Institut catholique de Paris, présente à Paris et à Lyon, délivre un diplôme figurant lui aussi sur la liste ouvrant droit au titre, ce qui la place dans une catégorie à part parmi les écoles privées. Elle recrute hors Parcoursup, par un concours propre, et se dit explicitement ouverte aux adultes en reconversion, qu'elle n'accueille donc pas par exception mais par choix. Le concours comporte des épreuves écrites à distance, puis un entretien pour une partie des candidats, ce qui allège la contrainte géographique de la première étape. Les candidats en reconversion y joignent leur diplôme le plus élevé et un curriculum, l'école tenant compte du parcours antérieur dans l'appréciation. C'est une voie privée, structurée et lisible, mais payante, qu'il faut mettre en regard de la gratuité relative de l'université, car le coût d'un cursus complet pèse dans une décision de reconversion, à côté du temps et de l'énergie qu'elle réclame.

Financer sa reconversion

L'argent est souvent le nerf de la reconversion, celui qui décide, plus que la motivation, du moment où l'on se lance ou de la voie que l'on choisit. Plusieurs dispositifs existent, et se combinent, ce qui rend souvent possible ce qui paraissait hors de portée. Le compte personnel de formation, le CPF, mobilisable à la seule initiative de la personne, finance les diplômes nationaux, les diplômes d'université en étant en principe exclus, ce qui oriente naturellement vers la licence et le master plutôt que vers les DU. Le projet de transition professionnelle, l'ancien congé individuel de formation, permet à un salarié de s'absenter pour se reconvertir en gardant une rémunération, sous conditions d'ancienneté, via les associations Transitions Pro. Le plan de développement des compétences relève de l'employeur, quand celui-ci accepte de soutenir le projet. Et l'aide individuelle à la formation de France Travail peut compléter le financement d'un demandeur d'emploi. Aucun de ces dispositifs ne rend le parcours court, aucun ne dispense des années d'études, mais ensemble, assemblés avec méthode, ils le rendent souvent possible là où un seul ne suffirait pas. Le travail de montage financier vaut d'être entrepris tôt, avant même l'inscription, car certains droits dépendent de l'ancienneté ou du statut au moment de la demande, et une reconversion préparée un an à l'avance ouvre des portes qu'une décision précipitée referme. Il n'est pas rare que la première année se finance autrement que la dernière, un salarié conservant d'abord son emploi et son plan de développement des compétences avant de basculer, plus tard, sur un projet de transition ou sur les droits ouverts par une rupture. Penser le financement comme une trajectoire, et non comme une somme à réunir d'un coup, change souvent la faisabilité du projet.

En résumé

Se reconvertir vers la psychologie est un projet réaliste, à condition de le regarder tel qu'il est, un projet long, qui ne contourne pas le diplôme national. La reprise d'études universitaire, éventuellement par la FPP de Lyon 2, mène au titre plein, celui de la clinique comme des autres mentions. Le CNAM offre une voie ciblée sur le travail, ouverte à la validation des acquis pour un petit nombre de dossiers. L'EPP est une alternative privée, structurée et payante. La VAE, contrairement à une idée répandue et tenace, ne délivre pas le titre à elle seule, hors le cas particulier du CNAM. Le premier réflexe utile, avant de rêver un parcours ou de s'inscrire quelque part, est de contacter le service de formation continue d'une université, d'exposer sa situation et de vérifier son éligibilité aux financements, car c'est de cette conversation, plus que d'une brochure, que naît un projet solide.

Page mise à jour le 29/09/2026